Joséphine Baker
Première star noire de l'histoire
Née à saint Louis dans la boucle du Mississipi en 1906, mal aimée par sa mère, abandonnée par son père, tous deux artistes en mal de reconnaissance, , Joséphine s’inventera volontiers par la suite des généalogies imaginaires : « un tailleur juif », « un danseur espagnol », « un créole de la nouvelle Orléans » ou « un blanc que sa mère aurait connu à l’école »
Enfant elle devint bonne à tout faire jusqu’à ce jour de 1916 où, près de chez elle, un charlatan dressa son estrade et organisa un concours de danse. A dix ans, Joséphine gagna le concours et revint à la maison avec son premier billet de un dollar gagné autrement qu’en se livrant à des corvées fastidieuses « …
Son adolescence fut des plus courtes car , pressée de ne plus être à la charge de sa mère, elle devint, à quinze ans, Madame Baker, du nom de son second mari (elle avait épousé à treize ans un homme qui la quitta après une bagarre au cours de laquelle elle avait eu le dessus.
Elle fit ses débuts dans le sillage d’une famille de musiciens, période durant laquelle elle alterna les emplois de serveuse et de chanteuse de ragtime avant de trouver sa voie dans un numéro où elle jouait du trombone, « exécutait des pas de danse rapides, faisait le clown et roulait des yeux « , un cocktail d’érotisme et de comique qui enthousiasma le public et devint son image de marque.
En 1925, Joséphine découvre l’ Europe et Paris, un monde qui, s’il n ‘est pas exempt de racisme, n’est pas soumis à la ségrégation.
JOSEPHINE
De tous les spectacles musicaux montés par mon équipe au fil des ans, Joséphine est celui qui me tient le plus à coeur...Car il parle de choses graves et émouvantes : le drame quasi-biblique provoqué par l'ouragan Katrina sur la ville de la Nouvelle Orléans qui, en une semaine, a chassé de la plus grande ville noire des Etats Unis, la moitié de sa population.
Le destin de ce qu'on appelle curieusement les "Afro-Américains" dont on suivra le cheminement de leurs ancêtres esclaves depuis la forêt africaine jusqu'à la Nouvelle-Orléans, en passant par Haïti et Cuba.
Enfin l'histoire du Jazz et de cette incroyable petite danseuse de dix sept ans qui révolutionna le paris des "Années Folles" en dansant nue avec pour seul ornement une ceinture de bananes.
En 1931, à la veille du Front Populaire, on pouvait voir des tribus noires amenées d’Afrique exposées au Bois de Vincennes.
Cette année-là, un million deux cent mille spectateurs se pressèrent devant les grilles du jardin pour admirer de pauvres hères à demi- nus, reproduire la vie primitive de leur jungle d’origine.
Au même moment, arrivait d’Amérique (premier séjour en 1923) une troupe de jazzmen et danseurs noirs américains qui révolutionna le monde musical et culturel dans une France encore résolument coloniale.
C’était « La Revue Nègre »
Perle de ce spectacle musical, une jeune fille, aussi nue que les pauvres femmes frigorifiées qui pilaient le mil au Jardin des Plantes devant un public de voyeurs : Joséphine Baker et sa minimaliste ceinture de bananes.
"La revue Nègre", spectacle musical de Jérôme Savary, ne sera pas la reconstitution du spectacle d'origine, mais une fable sur ce paradoxe. La troupe sera entièrement composée de musiciens et danseurs noirs, hormis un personnage blanc : Un producteur de spectacles français, cherchant dans les ruines de la Nouvelle - Orléans dévastée par l'ouragan Katrina, une danseuse noire pour incarner Joséphine Baker dans un Revival Parisien de "Revue Nègre".
Alterneront de grands tableaux de la "Revue Nègre", à travers lesquels se retracera l'histoire du Jazz avec des moments d'émotion sur le drame de la Nouvelle - Orléans.
TOURNEE